Il faut que je vous raconte l’histoire de la babysitter. https://t.co/Mjkd1Qqffn
AFFAIRE EIFFEL1812 — PIÈCE 08/16
PÉRIODE : 29/11/2019 — 16/12/2019
Il faut que je vous raconte l’histoire de la babysitter. https://t.co/Mjkd1Qqffn
Le 6 mai 2003, peu avant 23h30, un commissariat du 16ème arrondissement reçoit l'appel d'une jeune fille paniquée. L'opératrice s'appelle Estelle G. Quelques jours après cet échange, elle démissionnera de ses fonctions.
Au téléphone, une certaine Marie T., étudiante à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Pour compléter ses fins de mois, elle est baby-sitter. Ce mardi 6 mai 2003, elle a rendez-vous à 19h30 chez un jeune couple dans le 16e arrondissement pour garder leur enfant unique.
Le couple est visiblement très riche puisqu'ils habitent un hôtel particulier avec tout ce qui fait le charme des hôtels particuliers : salon avec lustre, piano, bibliothèque, grands escaliers, plus de chambres que d'habitants... Marie T. est très loin de son 12m² sous les toits.
L'enfant est sage, la maisone est calme, les parents reviennent de leur sortie avant 23h00 et la libèrent. Tout va bien pour Marie T. Jusqu'au moment où elle quitte la maison pour rentrer chez elle.
Elle sort et suit la rue Jean de la Fontaine en direction de la station Michel-Ange Auteuil. Paris est étrangement vide ce soir-là. Pas une voiture qui passe, pas un seul piéton non plus.
Le trajet du retour lui semble plus long qu'à l'aller. Elle met ça sur le compte de la fatigue. Ça lui est souvent arrivé. Ça nous est tous arrivé.
Elle presse le pas. Ça fait plus de quinze minutes qu'elle marche, et du coin de l’œil, elle reconnait quelque chose. Elle se retourne et sursaute.
Elle est devant l'hôtel particulier du jeune couple.
Marie T. se frotte les yeux, se dit qu'elle s'est trompée de rue, qu'elle a dû prendre le mauvais chemin et faire une boucle. On est 2003, il n'y a pas de GPS. Marie T. sort un plan de Paris et tente de le suivre rigoureusement en direction du métro.
Cinq minutes plus tard, elle se retrouve à nouveau devant l'hôtel particulier.
Marie T. ne comprend pas. Ça la réveille. Elle se dit qu'au pire, elle peut tourner à un endroit, prendre une autre rue, elle tombera forcément sur un arrêt de bus ou un taxi.
Alors elle suit la rue Jean de la Fontaine, et quelques mètres plus loin, au premier croisement qu'elle voit, non loin de la maison du couple, elle tourne à gauche, et marche encore de longues minutes...
... et arrive encore face à l'hôtel particulier. Sans avoir croisé le moindre bus, le moindre taxi, la moindre voiture. La moindre personne.
Elle frappe chez les voisins. Personne ne répond. Tout est fermé. Pas un seul café, pas un restaurant qui pourraient l'aider. Tout est vide et trop calme. Alors, paniquée, Marie T. retourne dans la maison du jeune couple. Elle sonne. Pas de réponse.
Heureusement, la porte n'était pas fermée à clef. Marie la pousse et rentre. Dans le hall d'entrée, elle entend les parents du jeune enfant lui chanter une berceuse et rire avec lui.
En bas des escaliers, elle les appelle. Ils l'ignorent. Il est tard, elle a quelques scrupules à hausser la voix. Pourtant, elle entend le chant de la mère, les sourires du père et les rires de l'enfant. Marie T. décide donc de prendre les escaliers.
Lorsqu'elle arrive sur le palier du premier étage, elle se retrouve face à trois portes. Elle pousse celle de la chambre du garçon, d'où viennent les bruits.
Et se retrouve dans le hall d'entrée.
Marie vérifie qu'elle ne rêve pas. Sur sa droite, le salon. Sur sa gauche, la cuisine. Elle est bien au rez-de-chaussée. Au bout du hall, les escaliers, et du premier étage, les parents du jeune garçon lui chantent la même berceuse pour l'endormir.
Marie T. monte les escaliers, pousse les deux autres portes. Elle se dit que c'est la fatigue. Ou peut-être que c'est un cauchemar. Les deux autres portent donnent aussi sur le hall d'entrée.
Alors, une fois dans le hall, Marie T. se retourne, ferme la porte. Puis la rouvre. Et redouble de panique.
La porte d'entrée donne sur le palier du premier étage.
Marie ne peut plus sortir. Il lui reste les fenêtres mais, dans la panique, elle n'y pense pas. Elle fonce dans la cuisine. Elle décroche le téléphone, appelle la police. La berceuse, et les rires de la chambre qu'elle n'arrive pas à atteindre lui sont insupportables.
Il est 23h24. Plusieurs sonneries passent avant que quelqu'un décroche. Marie T. est au bord des larmes. Sa gorge est sèche, son souffle est court. Au bout du fil, au commissariat, Estelle G. est fatiguée.
Marie T. essaye d'avoir le discours le plus clair possible. Estelle G. lui demande si elle a cherché de l'aide, si elle est vraiment concentrée, si elle a bu ou s'est droguée.
Mais surtout, Estelle G. comprend vite que Marie T. est sous le choc. Elle est convaincue que la famille la séquestre. Que c'est un code. Alors, elle propose de lui envoyer de l'aide, et lui demande son adresse.
Marie lui répond qu'elle ne connait pas le numéro exact de la maison mais qu'elle se trouve rue Jean De La Fontaine, au croisement de la rue Chapon et la rue Lacroix.
Estelle G. a un doute, elle consulte un plan de Paris. Son doute se confirme.
Ces trois rues ne se croisent pas.
Estelle G. est donc persuadée qu'elle est face à une mauvaise blague et lui raccroche au nez. Deux jours plus tard, Marie T. est portée disparue. Puis déclarée morte.
Son corps n'a jamais été retrouvé et personne, rue Jean De La Fontaine, ne sait qui ont été ses employeurs. Estelle G, sentant qu'elle pouvait être enquêtée pour soupçons de non-assistance à personne en danger, a démissionné de son poste. Personne ne sait où elle est aujourd'hui.
Plusieurs incidents qui ne sont pas documentés ont poussé plusieurs commissariats à bloquer un certain numéro de téléphone et à être particulièrement vigilants envers les appels entrants aux alentours de 23h30. Et pour cause :
Pendant des mois, chaque jour, peu avant minuit, un commissariat rapportait qu'il avait reçu un appel d'une jeune fille de 19 ans, paniquée, perdue, au discours incohérent. Une certaine Marie T.
Cette histoire m'a été racontée par un participant du dîner de la DATA lundi soir. J'ai essayé de lui demander le plus de détails possible. Il m'a demandé mon mail en me promettant de m'envoyer la transcription du premier appel (je lui ai donné l'adresse d'Ambroise).
Ce matin, j'ai reçu ces quatre photos. https://t.co/K0GZULvrDe
Voici le message qui les accompagnait. https://t.co/qmvVugAhgv
J'ai rendez-vous avec lui lundi soir.
Et vous, ça va ?
@eiffel1812 sa va ! mais ducoup tu y va lundi soir ?
@HyPeRXKo Oui. C'est moi qui lui ait demandé. Ca fait bientôt une semaine que j'ai pas de message d'Adèle/Pégase, bientôt 15 jours que je dors MAL, je vais aller la chercher à la main et lui demander des explications.
[09] Le jour où j'ai été assassiné https://t.co/KloZKGDTto